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NOTRE HISTOIRE

Un lien humain est devenu un refus collectif de détourner le regard

Avant l’association, il y a eu une famille, une communauté, et la conviction que la solidarité pouvait devenir une action concrète.

Voici les étapes qui ont conduit à la création de Pont de Mer Humanitaire. Le récit détaillé se trouve dans le dossier fondateur. Ici, l’essentiel : comment une mobilisation citoyenne a montré qu’il fallait un cadre durable pour relier soins, études, acteurs et décisions.

L’ORIGINE

Une mobilisation née d’une situation réelle.

En 2025, des citoyens de Bretagne se mobilisent autour de Yaser Al Rayyes et de sa famille restée à Gaza. Temps, compétences, attention publique, gestes individuels : tout converge vers un parcours humanitaire concret.

L’expérience révèle la force de la solidarité. Et la difficulté de la transformer en action médicale, administrative et institutionnelle coordonnée.

Stand solidaire lors d’un rassemblement en Bretagne, au cœur d’une mobilisation de bénévoles et de soutiens.
TRANSPARENCE · UN LIEN ASSUMÉ

Un lien personnel, déclaré et encadré.

Pont de Mer Humanitaire est née autour de Yaser Al Rayyes et de sa famille d’accueil en Bretagne, Jérôme et Emna Tinard, aujourd’hui Président et Secrétaire générale de l’association. Nous ne le cachons pas : c’est l’origine même de notre engagement.

Ce lien est encadré par des règles écrites. Conformément au Code de gouvernance et d’éthique (articles 8 à 10), Jérôme et Emna Tinard ne prennent part à aucune décision concernant la famille Al Rayyes : ces décisions relèvent des administratrices non concernées, Amélie Brégeaut et Gaïa Lassaube. Nos statuts interdisent de sélectionner ou de prioriser une personne en raison d’un lien personnel ou familial (article 3) : chacun est accompagné selon ses besoins.

TROIS PASSAGES

L’attention est devenue une capacité d’action.

L’association est née de l’expérience, pas d’un projet abstrait. Chaque étape a ajouté une compétence et une responsabilité.

01 · 2025
Mobilisation citoyenne

Une communauté se rassemble

Collectifs, bénévoles, associations et soutiens relaient la situation de la famille. Les gestes locaux rendent le parcours visible et réunissent des moyens.

02 · Le parcours
Coordination nécessaire

Un dossier prend forme

Les échanges médicaux, administratifs, humanitaires et diplomatiques montrent le besoin d’un cadre fiable : preuves vérifiées, interlocuteurs identifiés, responsabilités claires.

03 · 16 février 2026
De l’expérience à la structure

Pont de Mer Humanitaire est créé

Le 16 février 2026, l’expérience de terrain devient une association : rouvrir les voies vers les soins et les études. Le parcours fondateur éclaire la mission ; il ne la résume pas.

Image du récit fondateur de Pont de Mer Humanitaire.
Récit fondateur · Point de départ

Une image issue du récit qui a rendu la mobilisation visible. Image : © Yaser Al Rayyes et sa famille.

Travail de préparation éditoriale et médiatique de Pont de Mer Humanitaire.
Mobilisation publique · 2025–2026

La presse documente la mobilisation et son inscription dans l’espace public.

Famille en déplacement par bus lors d’une évacuation depuis Rafah.
Évacuation · Le passage

Une famille réunie dans un autocar pendant l’évacuation.

Retrouvailles entre un père et son fils au Caire.
Retrouvailles · Le Caire

Un père et son fils réunis après le passage.

Couple réuni au Caire après un parcours d’évacuation.
Après l’arrivée · Le Caire

La continuité se construit encore après l’évacuation.

« Je ne faisais que rêver qu’il existe un pont au-dessus de cette mer. »

Yaser Al Rayyes · témoignage fondateur, à l’origine du nom de l’association.
EN SES MOTS · 7 OCTOBRE 2026

« J’ai quitté Gaza, mais Gaza ne m’a jamais quitté. »

Le texte que Yaser Al Rayyes a adressé le 7 octobre 2026 aux membres du comité de soutien. Il le publie ici en son nom propre.

Le 7 octobre 2023, ma vie a basculé.

Je m’appelle Yaser. Je suis Palestinien, né à Gaza. J’y ai grandi, j’y ai mes souvenirs, mes amis, ma famille. C’est chez moi. Enfin je crois. Depuis mon enfance, je connais le bruit des avions, les bombardements et cette peur de ne pas savoir si les gens que j’aime seront encore vivants le lendemain. Mais rien ne m’avait préparé à ce que nous allions vivre.

Par chance, je n’ai vécu que sept mois de cette guerre. Sept mois à avoir peur de mourir, à voir des maisons disparaître, des familles perdre leurs proches, des gens que je connaissais ne jamais revenir. Nous avons connu la faim, la soif, les déplacements. Nous avons quitté des endroits pour en chercher d’autres, sans jamais être vraiment en sécurité. À Gaza, on pouvait rire avec quelqu’un, partager un thé, et apprendre quelques heures plus tard qu’il avait été tué.

Aujourd’hui, je suis en France. Je suis en sécurité. Mais mes deux petites sœurs sont toujours à Gaza, avec notre sœur aînée et ses enfants.
Comment voulez-vous que je sois tranquille ici alors que je sais ce qu’elles peuvent vivre là-bas ? Je connais cette peur. Je l’ai vécue. Et chaque fois que je vois les images de Gaza, je pense à elles.
J’ai quitté Gaza, mais Gaza ne m’a jamais quitté.

Je veux aussi dire quelque chose clairement.

Je refuse l’occupation de ma terre et la privation des droits de mon peuple. Mais je condamne tout aussi clairement les massacres de civils commis le 7 octobre. Tuer des innocents, prendre des otages, faire souffrir des familles, ce n’est pas acceptable. Quelles que soient les victimes.
Et je refuse que ces massacres servent à justifier ceux qui ont suivi à Gaza.

Les Palestiniens ne sont pas le Hamas. Nous sommes des êtres humains comme les autres. Nous avons des familles, des rêves, des projets. Nous voulons étudier, travailler, voyager, aimer et vivre en paix. Je ne veux pas que les enfants de Gaza grandissent en apprenant les noms des missiles avant leurs leçons d’école. Je ne veux pas que notre souffrance devienne quelque chose de normal.

Je ne raconte pas cela pour demander de la pitié. Je voudrais simplement que l’on comprenne que derrière chaque chiffre, il y a une personne, une famille, une vie. J’ai survécu à la guerre, mais la guerre ne m’a jamais quitté. Je veux pouvoir retourner un jour chez moi, retrouver ceux que j’aime et vivre librement sur ma terre, sans avoir peur.

Je ne demande aucun privilège. Je demande simplement que ma vie, celle de mes sœurs et celle de chaque Palestinien aient la même valeur que toutes les autres. Nous avons le droit de vivre. Pas seulement de survivre. Et c’est aussi pour cela qu’avec ma famille d’accueil et avec votre aide nous avons créé l’association : ne pas supprimer l’espoir. Et dans la mesure du possible, contribuer à rendre l’avenir possible.

Yaser Al Rayyes · 7 octobre 2026

Texte publié en son nom propre. Les propos exprimés n’engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement la position de Pont de Mer Humanitaire.

DE LA SOLIDARITÉ À LA STRUCTURE

Rendre durable une capacité de documentation, de mise en relation et de coordination.

Créer et collecter

Stands, créations artisanales et collectes ont transformé l’attention en ressources concrètes.

Traduire et expliquer

Des bénévoles ont rendu faits, besoins et démarches compréhensibles pour chaque interlocuteur.

Plaider et suivre

Le relais public et un suivi patient ont gardé le dossier visible, jusqu’à ce qu’une étape devienne possible.
Stand solidaire composé de créations offertes ou préparées par des bénévoles.
Création artisanale en forme de pastèque réalisée pour une action solidaire.
Boîte à dons installée sur un stand solidaire avec des créations bénévoles.
Stand solidaire accueilli à la MJC de Trégunc.
UNE HISTOIRE COLLECTIVE

Des centaines de gestes ont rendu le premier parcours possible.

Stands, créations artisanales, collectes, traduction, plaidoyer et suivi : chaque contribution a trouvé sa place.

Aucun geste isolé ne suffisait. Ensemble, ils ont permis de réunir des informations, de garder le lien avec la famille, d’alerter, de financer certaines étapes et de dialoguer avec ceux qui pouvaient agir. Les médias indépendants qui ont suivi ce parcours en offrent un regard extérieur.

CE QUI DEMEURE

Le lien humain reste notre point de départ.

L’association peut grandir. Son rôle reste précis : comprendre la situation, documenter ce qui compte, relier les bons acteurs, rendre possible l’étape suivante.

Le parcours fondateur nous a appris une chose : une évacuation, une admission ou une réponse institutionnelle ne marque pas la fin du travail. Soins, logement, démarches, études, financement, intégration doivent tenir dans la durée. Cette exigence de continuité fonde aujourd’hui nos programmes.

UN REGARD EXTÉRIEUR SUR LA MOBILISATION

Relire le parcours dans les médias qui l’ont suivi.

La revue de presse rassemble les articles qui ont suivi la mobilisation et ses étapes.

VOTRE CAPACITÉ PEUT OUVRIR LE PROCHAIN PARCOURS

Poursuivre l’histoire par une contribution concrète.

Rejoindre le réseau, proposer une expertise, construire un partenariat ou financer les étapes qui rendent soins et études possibles.